Qu’est-ce que le coup de foudre ? Deux regards qui se heurtent, des yeux qui se rencontrent et se fondent en deux âmes qui s’appartiennent dès le premier instant, où le temps semble s’arrêter. C’est le mystère d’une rencontre où la chimie génère une attraction fatale souvent suivie d’une véritable connexion qui nous emmène à trois mètres au-dessus du ciel, là où le cœur peut enfin recommencer à rêver.

L’idée est tentante, mais la réalité est souvent bien différente. Quand on pense au coup de foudre, on se souvient de ces scènes de cinéma (souvent proposées par la littérature) que l’on aime tant.

Des ouvrages tels que Love at First Sight : the stories and sciences behind instant attraction, du Dr Earl Naumann de l’université d’Arizona, nous rappellent qu’au moins 50 % des gens croient en ce phénomène, selon lequel un seul regard suffit à déclencher une histoire d’amour si bouleversante qu’elle vous coupe le souffle.

Cette « étincelle » neurochimique, qui est un mélange d’incertitude, de désir, de mystère et d’illusion, semble avoir une confirmation scientifique. Or, bien que les émotions ne puissent être analysées au microscope, on peut dire que la plupart des études menées jusqu’à présent sur le sujet ont toutes abouti à la même conclusion. Le coup de foudre existe, mais il est souvent caractérisé par certains facteurs qu’il est bon de garder à l’esprit.

On appelle ça de l’amour, mais c’est juste de l’attraction.

Il y a des amours qui sont précipités, hors du temps, ces amours qui s’épanouissent au moment et à l’endroit où l’on s’y attend le moins. Le coup de foudre a toujours existé et continuera d’exister. Et puis il y a ces amours « à combustion lente », qui « cuisent » lentement et à température moyenne, partant d’une amitié sincère pour se transformer soudainement en véritables passions.

L’amour n’a pas de règles, il n’y a pas de formule magique pour le faire naître, et nous le savons très bien. Cependant, pour maintenir en vie cet amour qui a surgi comme par magie, nous pouvons suivre quelques règles, nous réconcilier en établissant une « démocratie émotionnelle » dictée par le bon sens. À la lumière de ces considérations, il est clair que lorsqu’on parle de coup de foudre, c’est l’attraction, et non la raison, qui fait jaillir l’étincelle.

Nous nous laissons emporter par le désir, l’enthousiasme, le magnétisme et l’effet de halo favorisé par la sérotonine et la dopamine. Le coup de foudre n’est que le début, le précurseur qui jette les bases d’une relation, nous amenant à donner une chance à l’autre. C’est un amour qui arrive sans prévenir, mais qui nécessite ensuite un soin méticuleux pour que le mystère soit remplacé par la transparence, chassant les illusions et faisant place à la réalité.

Le coup de foudre : ce que la science en dit

L’université de Groningue (Pays-Bas) a réalisé en 2017 une étude à ce sujet. Dans l’étude « Quel genre d’amour est le coup de foudre ? Une enquête empirique » 600 personnes qui ont affirmé avoir vécu ce que nous appelons communément « le coup de foudre » ont été analysées. Cette étude a montré que 92 des personnes se sont engagées dans une relation après cette rencontre fatidique, cette rencontre de regards qui a conduit la plupart d’entre elles à penser qu’elles avaient trouvé l’âme sœur. Les chercheurs ont ensuite interrogé chaque couple pour analyser en détail certains traits psychologiques.

Le coup de foudre est basé sur l’apparence physique (mais pas seulement)

Dans le coup de foudre, l’attirance physique joue certainement un rôle majeur. Cependant, ce n’est pas nécessairement l’apparence physique d’une personne qui attire immédiatement notre attention. Les scientifiques expliquent qu’il y a quelque chose d’autre derrière cette attraction, quelque chose qui se transmet par des regards qui communiquent la confiance, la sympathie, des regards qui traversent sans crainte.

L’effet de halo

Comme mentionné précédemment, lorsque deux personnes ressentent une attirance à la suite d’une rencontre de regards, il est très probable que cela aboutisse au moins à un premier rendez-vous. Cependant, il arrive souvent qu’en raison de cette forte attraction, nous commencions à créer un ensemble d’attentes qui ne correspondent presque jamais à la réalité.

Cette attraction nous amène à projeter un ensemble très spécifique de qualités positives sur l’autre personne. Nous avons tendance à les considérer comme plus intelligents, plus gentils, plus originaux, plus fiables, et même plus « branchés » que nous. En d’autres termes, nous créons un effet de halo qui, ajouté à la passion, fera durer ce sentiment dans le temps. Jusqu’à ce que, tôt ou tard, nous commencions à remarquer des défauts plus ou moins tolérables chez notre partenaire.

Le coup de foudre préfère les éternels romantiques

Dans l’étude susmentionnée de l’Université de Groningue, il a également été constaté qu’une grande partie de l’échantillon analysé avait établi une relation durable et réussie. En d’autres termes, le coup de foudre dure souvent, mûrit et jette les bases d’une relation heureuse.

Toutefois, dans la plupart des cas, la relation prend fin lorsque la passion s’estompe, lorsque l’illusion se heurte à la réalité et que vous ne parvenez pas à créer, par le biais de compromis, un lien fondé sur l’intimité, la confiance, l’affection et la réciprocité.

Grâce à cette recherche, il a également été possible de constater que la majorité des couples qui s’étaient engagés dans une relation à la première vue d’un éclair croyaient fermement au romantisme. Pour eux, des phénomènes tels que la prédestination et les âmes sœurs sont une vérité absolue, ainsi qu’un pilier de leurs relations.

En conclusion, la science ne nie pas que, dans certains cas, le coup de foudre existe et peut s’avérer fructueux. Mais souvent, ce jeu de regards qui se croisent, se scrutent et se parlent est le résultat d’une simple attirance.

Mais l’attirance reste le « moteur » qui nous pousse à faire le premier pas, le premier pas de l’ascension vers un lien destiné à grandir en affrontant les difficultés quotidiennes pour entamer une relation réussie.