Hexal – L’interview partie 3/3

third-path-2015-logo-2

 

Hexal est un jeu multi-joueurs accessible par navigateur, s’inscrivant dans la lignée du jeu de rôle et de stratégie. Il fait actuellement l’objet d’une campagne de financement sur Ulule (http://fr.ulule.com/hexal/) pour passer au niveau supérieur : si actuellement la plupart du développement est fait, il faut maintenant réaliser les illustrations. Pour celà, les créateurs ont fait appel à Sényphine (http://www.senyphine.com) que nous avons déjà eu le plaisir d’exposer à plusieurs reprises. C’est l’occasion pour nous de vous proposer cette interview en trois parties des créateurs et de l’illustratrice !

L’interview a été réalisée le jeudi 05 février 2015 à 14h30 sur Skype avec enregistrement de la conversation. Durée : 45 minutes.

(voir la première partie c’est ICI, la deuxième c’est LA)

 

LRA : N’y a-t-il pas une différence entre originalité et innovation ?

C : L’originalité c’est subjectif. Je vais prendre 2 références : si je prends Dr Jekyll et Mr Hyde, un exemple que tout le monde connait pour avoir lu le bouquin ou avoir vu des références, d’un côté et Bruce Banner et Hulk de l’autre. Concrètement, l’histoire, la mise en place, la mise en forme, le caractère des personnages sont identiques, il n’y a que le cadre et l’époque qui changent. Pour moi, ce n’est pas original.

S : En même temps, tu ne peux pas occulter le sujet et faire n’importe quoi. Je vais prendre l’exemple de Batman qui a été fait par Tim Burton et par Christopher Nolan dernièrement, ce sont deux univers complètement différents et pourtant j’adore les deux.

C : Ce que tu me dis est très intéressant, mais ça ne peut pas coller au monde du jeu vidéo. La façon dont a été traité le sujet Batman en terme de cinéma, de jeu vidéo ou de série d’animation est impressionnante, mais c’est une revisite d’un univers qui existe déjà.

LRA : Et donc pas d’originalité ?

C : Si dans Batman il n’y avait qu’une seule histoire, un one-shot, un roman de 150 pages et rien d’autre autour, il aurait beau être raconté ou mis en scène différemment, que ce soit pièce de théâtre, que ce soit un comics, que ce soit un bouquin, si c’est la même histoire dans le fond avec des personnages aux mêmes caractères, la façon de le présenter est originale mais le fond est identique.

S : Mais ce n’est peut-être pas ça l’important ? L’histoire, on la connait, c’est le traitement du sujet qui nous intéresse. On ne demande pas de broder ou de faire n’importe quoi avec le sujet histoire d’innover. Ce qu’on veut, c’est une vision de la chose et c’est ça qui amène de l’originalité, c’est pas forcément de triturer le scénario pour ramener des choses qui sont complètement farfelues.

LRA : Le fait de pouvoir traiter le même sujet mais sur différents supports apporte de l’originalité.

C : Si tu prends le même jeu sur console et sur ordinateur, ça reste le même jeu, pourtant le support est différent.

LRA : Non, ça reste un jeu vidéo. Il faut rester un cran au-dessus en terme de concept, on reste dans le domaine du jeu vidéo.

C : Dans ce cas-là, c’est qu’il y a une différence sur l’originalité entre le fond et la forme. C’est peut-être une déformation professionnelle mais autant la forme est importante, autant le fond l’est tout autant voire plus. Je préfère jouer à un vieux jeu qui a 20 ou 30 ans, qui est même plus vieux que moi et qui a un fond très travaillé, qu’à un jeu récent avec des graphismes absolument phénoménaux et qui au final n’a pas de fond.

S : C’est subjectif, c’est ce que l’on disait.

C : C’est subjectif en effet. Si je prends un exemple tout bête avec Ogame qui est un jeu par navigateur qui reprend des aspects stratégie et d’autres jeux comme Forge of Empires, pour moi c’est le même jeu : il y en a un qui se passe dans l’espace et un qui se passe au Moyen-Age ou à la Renaissance. La différence, c’est zéro. Je fais les mêmes actions, je joue avec les mêmes possibilités, j’ai un fonctionnement qui est exactement identique, il n’y a que la carrosserie qui change.

LRA : Le ressenti sera différent, et si le ressenti est bon, on jouera quand même, même si ce n’est pas innovant, original dans le sens où tu l’entends.

S : Et puis il y a des gens qui aiment bien rester dans leur zone de confort et qui vont juste vouloir changer d’univers. Ils ont leur mécanisme et se sentent bien avec ça.

M : Du moment qu’on s’amuse dans un jeu c’est le principal.

LRA : C’est un bon mot de la fin, mais j’avais une dernière question : comment vous allez faire appel à l’Imaginaire et aux références culturelles des joueurs ?

C : Quand tu prends des jeux comme WoW, qui demandent énormément de temps à passer, qui ont un univers extrêmement vaste et large c’est facile d’avoir des références qui ne viennent pas écraser le principe du jeu. Le problème c’est que dans notre jeu, il y a des actions qui sont assez limitées, on a un monde qui est relativement petit, qui se passe dans un vase clos. Si on mettait trop de références, ce serait excessivement visible. Pour moi, c’est le format de notre jeu qui fait qu’on ne peut pas énormément faire appel à l’Imaginaire.

M : On a commencé à bien différencier chaque faction pour que le joueur puisse choisir un personnage humanoïde qui a un historique ou un visuel différent des autres, ça aidera le joueur à se sentir un peu impliqué dans son personnage. C’est vraiment visuel l’Imaginaire dans un jeu, ça parle tout de suite sans avoir besoin de références. Il n’y a pas vraiment besoin que le jeu fasse référence à autre chose.

C : Là-dessus je suis d’accord. Si tu prends un bouquin, tu as la liberté d’imaginer les héros comme tu veux. Sur un média comme une série, le cinéma ou le jeu vidéo, t’as une liberté d’imaginer le déroulement d’une histoire ou le reste de l’univers qui n’a pas été montré mais ce qu’on te montre, tu ne peux plus vraiment l’imaginer. Aujourd’hui, si je demande à n’importe qui d’imaginer le visage de Bilbo ou d’Aragorn, instinctivement on va avoir l’image de l’acteur.

S : Effectivement, à partir du moment où tu mets des images sur quelque chose, ça bloque un peu l’imaginaire. Mais à partir du moment où le concept, l’univers et l’atmosphère plaisent et qu’il est cohérent, je ne crois pas que ce soit vraiment gênant.

M : J’ai eu une question d’un joueur qui m’a demandé s’il y aurait une partie roleplay. On a dit qu’on mettrait en place un forum pour chaque faction où s’ils veulent “jouer la comédie”, jouer un rôle, incarner leur personnage, ils pourraient.

C : Le roleplay, on peut en faire à peu près n’importe où à partir du moment où il y a un forum. Le fonctionnement technique du jeu offrira un forum pour chaque faction, pour chaque partie. Du coup, les gens qui souhaiteront mettre en place du roleplay auront la possibilité de le faire, libre à eux de l’organiser.

LRA : Je vous remercie tous d’avoir répondu à nos questions.

 

Fin de la partie 3, merci de votre passage !
Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview ICI !

 

Tags: , , ,

(comments disabled)

 
7e1da901f6425aa2dfe3116efe78975aLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL